Newsletter N° 9 - Mai 2007

La lettre d'information du Groupe MSA aux Professionnels de Santé

Aides aux aidants familiaux

Définition des aidants (tes) naturel (les) :

Le terme « aidant » n’existe pas dans les dictionnaires, cependant un centre de bénévolat [1] définit les aidants (tes) naturel (les) de la manière suivante :
« Ce sont des gens comme tout le monde qui s’occupent d’un parent, d’un ami, d’un voisin, et/ou d’une personne en perte d’autonomie ». Notons, que selon les différentes études faites sur les aidants (tes), ceux-ci ont plusieurs qualificatifs :
« Naturels, familiaux et informels ».

[1] Centre de bénévolat du Bassin de Maskinongé (QUEBEC) site : www.cdc.maski.qc.ca/membres/aidants.htm.

Qui sont les aidants (tes) ?

- Les aidants (tes) sont d’abord les conjoints : hommes comme femme, puis très souvent les filles ou les belles-filles.

  • La moyenne d’âge des aidants(e) est élevée car ils sont majoritairement des conjoints.

  • L’activité professionnelle concernerait 20 à 30 % des aidants.

  • Statistiquement « l’aidant principal » est une femme.

Une vie quotidienne bouleversée !

La vie quotidienne d’un aidant familial est fonction non seulement :

  • du type et du degré de dépendance de la personne aidée,

  • mais aussi et peut-être surtout du type de comportement de l’aidant vis-à-vis de l’aide.

En matière de santé, surmenage, anxiété sinon angoisse, épuisement physique et mental sont le lot d’un grand nombre d’aidant.
Les familles ne s’offrent pas de répit et prennent sur elle en disant « On fait avec, pourvu que ma santé tienne ».

[1] Extrait gérontologie et société. Proximologie : premières études p 65. Numéro spécial mai 2002.

Les problèmes sont en premier lieu d’ordre émotionnel et psychologique :

  • la culpabilisation : « je culpabiliserais de le laisser en maison de retraite qui pour moi est un mouroir »,

  • le fait d’assister à la dégradation de l’aidé : « le plus dur, c’est de voir l’image de son père se dégrader »,

  • la peur de la mort, la crainte omniprésente de devenir également dément ou de mourir avant l’aidé : « si je meurs avant qu’est-ce qu’elle va devenir ? »,

  • la préoccupation et l’angoisse permanentes : « j’ai toujours peur qu’il s’étouffe »,

  • la fatigue morale,

  • l’inversion des rôles : « après m’avoir élevé, je dois maintenant en prendre soin », participent au poids renforcé dans bien des cas par la non-verbalisation des problèmes et des conflits.

Notons que la dépendance psychique du malade coûte plus aux aidants (tes).

L’agressivité dirigée contre eux ou encore les symptômes négatifs : replis sur soi, démotivation, apathie, indifférence, tristesse…nécessitent une aide, une organisation particulièrement flexible et une surveillance continuelle.

Inconscients de la charge que va représenter l’aide, la plupart des aidants familiaux ne se fixent guère de limites à leur prise en charge : « je consacre tout mon temps à mon père ».

Les relations se trouvent très souvent modifiées par l’aide fournie :

  • la relation aidant/aidé oscille entre sublimation de l’affection et règlement de compte,

  • les relations avec les autres membres de la famille sont caractérisées par la solidarité : « deux semaines par an ma sœur prend mon père » et le dialogue, ou dégradées en laissant à l’aidant une forte sensation d’isolement : « mes enfants travaillent »,

  • enfin, les relations avec l’entourage : « depuis que ma femme est malade petit à petit les visites de nos amis se sont espacées et maintenant on ne voit plus personne » ne sont pas épargnées.

La multitude des intervenants à domicile peut-être « lourde » pour l’aidant !

  • Les relations sont aussi modifiées lorsque d’autres personnes sont amenées à intervenir à domicile.

  • L’aidant est ainsi confronté à un nouvel acteur qui entre en jeu et la relation devient triangulaire : d’une relation malade-conjoint, on passe à une relation malade-conjoint-professionnels.

  • Les relations familiales « privées », passent à des relations familiales « ouvertes » à un professionnel (infirmière, aide soignante, kinésithérapeute…).

  • Les aidants ont l’impression d’être envahi et de ne plus avoir d’intimité.

Pourquoi ces aides ?
Actuellement les solutions existantes apportent une réponse liée essentiellement à l’épuisement physique des aidants (es).

Les aides aux aidants (tes) ont pour objectif de :

  • Favoriser l’entraide et le soutien mutuel,

  • Prévenir l’épuisement physique et psychologique,

  • Rompre l’isolement,

Sous la forme :

  • d’un groupe de parole,

  • et/ou de réunions thématiques sur un thème choisi par le groupe.

Que permet le groupe ?

  • De réunir un ensemble de personnes autour d’un but commun :

    • « le maintien à domicile d’une personne dépendante ». En ce sens le groupe n’est pas une fin en soi mais un moyen d’atteindre ce but :

      • « depuis que j’assiste aux réunions je ne baisse plus les bras, j’ai retrouvé des forces ».

  • confronter les attitudes, les comportements individuels des aidants familiaux. Cette interaction influence le changement de comportement car les aidants éprouvent souvent des sentiments qui peuvent inhiber, par exemple, l’action de se préserver :

    • « depuis que j’assiste aux réunions, j’ai appris à surmonter mon sentiment de culpabilité et aujourd’hui je n’hésite plus a laisser mon mari dans un accueil de jour ».

Pour le travail social :

  • La mise en œuvre de la pratique de groupe va répondre aux besoins des aidants (tes) : rompre l’isolement : « depuis que j’assiste aux réunions, je me sens moins isolée », s’offrir du temps libre pour souffler, se soutenir moralement, de partager sur leur vécu...

  • Lors des réunions de groupe de soutien les familles présentent, mettent en commun leurs difficultés et leur projet. Ceci leur permet de prendre du recul.

  • En conséquence, leur situation n’apparaît plus unique, ce qui favorise une aide mutuelle, rompt l’isolement individuel en faisant émerger de la confiance en soi et en les autres. « Entendre des situations identiques aux nôtres réconforte, on ne se sent plus seul ».

  • Ainsi, il relève du champ de la prévention.

Pour plus de renseignements, contacter la MSA au 05 46 97 51 55.

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